• Claire Livingston

J'ai travaillé avec une vieille et sage psychologue dernièrement. Et j'ai reçu une bonne leçon de vie. Nous autres stagiaires étions là pour approfondir nos techniques d'hypnose. Dès le début du stage elle nous a plongés dans une hypnose légère pour retrouver de bons souvenirs et je me revoyais à la plage cet été en train de courir vers l'eau et ça me faisait rire cet empressement à plonger dans l'eau comme si j'avais encore 8 ans et j'avais ce rire intérieur de quand je m'amuse bien. Les images défilaient vite, tout était lumineux, flou et heureux. Au sortir de l'hypnose je me sentais bien, légère et joyeuse. Et là ça m'a frappée: Cette joie c'est ma ressource, elle est mon état naturel et sain et c'est elle qui peut -qui doit- guider mes choix et ma vie. Il y a un élan, une vitalité, presque une rapidité avec cette énergie joyeuse. Elle pétille, elle est vive, elle cascade et elle pétarade. Elle a du tempo et elle remue du popotin. Je l'avais perdue de vue! Au cours de mes explorations si profondes avec le yoga et la méditation j'ai connu des états intenses comme le silence intérieur, la paix, la neutralité, la beauté impressionnante, l'amour... je suis allée dans des temples, des lieux sacrés, des terres gigantesques de beauté où j'ai senti la grandeur du divin, la perfection de la vie. C'était d'une élévation exquise. Dans mon cheminement j'ai aussi fait l'expérience du fond quand il ne restait plus rien que moi et que ce n'était vraiment rien. C'était un peu comme toucher le fond d'une piscine où je redoutais de plonger mais qui m'aspirait. Une fois arrivée au fond je me suis dit "Ah nous y voilà! Je savais bien que je finirais ici, c'était bien la peine d'éviter le plongeon...et maintenant que j' y suis c'est vraiment familier ici en fait...je connais... c'est toujours moi...y' a plus qu' à remonter..." Et au milieu de tout ça, entre les sommets et le fond il y a l'humanité chaleureuse et toute proche de la joie. Ce n'est pas l'extase qui arrive par la grâce. Ce n'est même pas le bonheur qui semble toujours un peu trop vaste et loin. Non, c'est tout simple et accessible et tout le monde connaît. Pas besoin de pratiques de bien-être. Je dis ça en tant que prof de yoga qui travaille dans le domaine du bien être, mais franchement: N'est-on pas naturellement centré, aligné et ancré quand on est joyeux? Et pourquoi viser la paix intérieure quand on peut avoir plus? Oui bien sûr c'est une étape intermédiaire quand on se sent mal, et les pratiques de bien-être ont leur place vu tout le mal-être ambiant. Mais personnellement mon but n'est pas le nirvana, ça je l'aurai à ma mort. Mon but est de vivre une vie qui me plaît. Alors voilà, j'ai décidé de faire mes choix, même les plus petits, selon le compas de la joie, de l'envie, du fun, du plaisir. J'appelle ça la joie maîtresse. Il y a des vêtements qui me mettent en joie, des plats, des couleurs, des parfums, des personnes, des projets, des activités, des films, des rêveries, des pensées, des croyances, des conversations, des mots... et c'est ce que je choisis. Cela évolue et je suis à l'écoute du changement. Je me donne de plus en plus cette permission et cette liberté de choisir et de re-choisir, car ce qui était heureux pour moi il y a 10 ans ou 1 an ou même hier ne l'est peut-être plus aujourd'hui. C'est égoïste et c'est généreux. Je me fais du bien et je fais du bien aux autres. Maintenant je m'adresse à vous qui lisez le blog d'une prof de yoga (une copine peut-être!). Vous êtes plutôt du genre à travailler sur vous-mêmes, à vouloir faire du bien autour de vous, et j'aimerais vous suggérer ceci: commencez à faire plus de choses qui vous mettent en joie et moins de choses qui taxent votre énergie. Observez une semaine de choix avec la joie comme compas, la joie maîtresse, et redites-moi ce que ça donne pour vous. Sur ce je vous laisse avec cette citation à méditer du philosophe nu Alexandre Jollien "" [...] plus nous aimons la vie en nous, plus nous pouvons nous détacher de nous. Plus elle nous nourrit, plus l'ego possesseur, tyrannique, vorace, disparaît. Le désir de joie, la soif de félicité, tout appelle à quitter ce petit moi. Oui, la joie se cultive à domicile, au fond du fond, loin du moi capricieux. " Carpe Diem!

  • Claire Livingston

C'est une écriture tendre celle pour l'enfant intérieur. C'est une écriture émotive et vulnérable, au coeur de soi et au coeur de la vie. C'est grâce à ma certification en Ho'oponopono que j'ai commencé à me pencher sur l'enfant intérieur de façon plus soutenue et plus aimante. En effet, dans cette sagesse ancestrale Hawaïenne telle que l'a transmise le Dr. Ihaelakala Hew Len, la relation la plus importante est celle entre la mère (le conscient) et l'enfant (le subconscient). L'enfant intérieur c'est la partie cachée de nous qui porte en elle toutes les mémoires depuis la nuit des temps et toutes les souffrances du monde. Mon enfant intérieur, qui sait que je l'écoute chaque soir, m'exprime par exemple sa solitude, sa tristesse, sa honte, son désarroi etc...Entendez-bien que je n'ai pas vécu une enfance difficile, pas du tout. Je sens bien que mon enfant intérieur est porteur de ces sentiments qui appartiennent à l'humanité. Autrement dit, Il y a une partie de moi qui souffre en même tant que d'autres souffrent dans le monde. Depuis toujours. C'est la première vérité du

Boudhisme. En yoga aussi nous affirmons souvent que nous sommes tous unis, que nous formons une grande famille humaine. En Sat Nam Rasayan aussi (modalité de guérison contemplative que l'on côtoie en Yoga Kundalini) on part du principe que la maladie d'autrui existe en nous et c'est en travaillant sur son ressenti en nous-même que nous aidons autrui car nous sommes liés, connectés à l'autre. De même en yoga, on ne travaille que sur soi (" Let there be peace on earth and let it begin with me" ) car la paix commence par soi. Donc mon enfant intérieur, qui sait que je suis là pour lui, me dit toute sa peine. Que faire à ce moment-là ? L'aimer, car il n'y a que l'amour qui libère. Je lui dis "Merci d'être là et de faire partie de ma vie, je suis désolée pour toute cette souffrance que tu portes en toi, pardonne-moi de t'avoir oublié et négligé et d'avoir ignoré ta peine, je t'aime " Ce sont les 4 phrases bien connues du Ho'oponopono: "Je suis désolée, pardonne-moi, je te remercie, je t'aime" Ces 4 phrases expriment mon amour pour lui. Ensuite je lui demande de m'aider à lâcher prise, à relâcher la souffrance et de laisser le divin se charger de tout. Car l'enfant intérieur a ce pouvoir de laisser le divin nettoyer toutes ses blessures et ce nettoyage ne peut être accompli que par le divin. C'est donc lui, l'enfant intérieur, dans toute sa vulnérabilité, qui détient la clé de la libération. La singularité de cette pratique est que l'on s'adresse à l'enfant intérieur et non au divin. On aime d'abord notre part d'ombre pour laisser entrer la lumière. C'est si proche de nous, si intime que l'on a souvent fui directement vers la lumière, vers l'élévation, et j'en sais quelque chose en tant que pratiquante de yoga et méditante! Mais le temps est venu, pour moi et pour beaucoup d'autres, pour vous sûrement si vous lisez ceci, d'intégrer et d'aimer absolument toutes les parties de nous-mêmes, les parties mal aimées qui n'attendent que ça. Car Il n'y a que l'amour qui libère.

Comme l'écrit si bien Christian Bobin:

" Tout le mal dans cette vie provient d'un défaut d'attention à ce qu'elle a de faible et d'éphémère "