• Céline Wagner

Mis à jour : il y a 3 jours

D'après le roman de Michel Lermontov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mis à jour : oct 19

Le Foyer Transition de Toulouse accueille des adolescents et jeunes majeurs migrants. Les équipes éducatives sont réparties sur deux lieux d'accueils répondant à des besoins différents selon l'âge et le degré d'autonomie des résidents : Les Studios et l'Internat.

Les studios sont destinés aux jeunes capables de se débrouiller seuls dans la gestion de leur quotidien et de leur emploi du temps, tandis que l'internat est un lieu de vie en commun, on prend les repas ensemble, chacun cuisine à tour de rôle pour tout le monde... Dans les deux cas les jeunes sont aidés par les équipes dans leurs démarches administratives, leurs recherches d'emplois ou de formations, et plus tard de logements. Les résidents de l'internat sont amenés à emménager aux studios, comme une étape vers l'autonomie, puis à prendre leur envol. 

Invitée en résidence d'artiste par l'association Erasme, j'ai travaillé trois mois avec ces jeunes en transit, entre l'internat et les studios. Les dessins qui suivent sont une mise en images de leurs récits, à travers la barrière de la langue, la timidité, le refus de revenir sur des épisodes douloureux, la question de savoir si l'on est légitime pour raconter sa propre histoire qui implique tant de gens, de la famille aux personnes croisées en chemin...

Ces jeunes sont tous scolarisés ou en apprentissage et suivent des cours de français. Ils travaillent chaque jours à effectuer les innombrables démarches administratives que nécessite un projet d'intégration

Durant la résidence, ma tâche a consisté essentiellement à réveiller une expression verrouillée pour différentes raisons. 

De nos échanges est née l'idée d'une histoire sur le thème du départ. Je me suis chargée des dessins et j'ai confié aux jeunes le soin d'écrire le texte dans leur langue. Ilda et Mohamed ont joué le jeu.

Ilda est arrivée il y a quelques mois d'Ouganda. Au début du projet elle était en France depuis très peu de temps, elle se détournait quand on lui adressait la parole et nous fuyait comme la peste. Des semaines plus tard, venant travailler au foyer comme chaque semaine je croisais Ilda par hasard, détendue et gracieuse. Ses cours de français portaient leurs fruits et nous pouvions échanger quelques mots. Elle est entrée dans l'atelier et a regardé les dessins épinglés au mur, devant son intérêt je lui ai dit : "Voilà, les dessins sont là mais je n'ai pas de texte." Ilda m'a répondu : "Je peux le faire, moi, le texte. Mais il me faut Google Translate." Je lui ai passé mon téléphone et tandis qu'elle écrivait en portugais, je découvrais son histoire dans la lucarne anonyme de Google.

Le foyer transition accueille des jeunes de tous pays. Le travail au sein de la résidence d'artiste s'est construit en deux temps. J'ai d'abord rencontré les jeunes, ceux qui souhaitaient participer. Sans trop savoir où nous allions, nous avons commencé à peindre. Ces séances de peinture était un moment d'échange, on se racontait les histoires qui nous passaient par la tête. Je me souviens avoir parler de ma propre expérience d'une correspondance accidentée où des lettres d'amour qui m'étaient adressées n'étaient jamais arrivées, et que cela avait sans doute changé le cours des choses, mais de quelle façon ? Cette histoire a interpellé les jeunes loin de chez eux et a été le départ d'échanges plus chaleureux, comme si la glace s'était brisée.

A ce moment-là, ce sont principalement des jeunes venus du continent africain qui ont participé. C'est pourquoi, la seconde partie de la résidence, consacrée à mettre en image cette rencontre, se passe en Afrique.

L'histoire qui suit est écrite par Ilda. Elle est suivie de photos souvenirs et du texte de Mohamed...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yakouba peint la jungle où il a transité... La technique de la colle et du gravier est une réussite...

 

Le petit Mohamed regarde sa mère piler le mil...

Mamadou se revoit sur le chemin de l'école... Le tableau prend forme et avec lui le récit...

 

Ensemble, à la lumière du printemps toulousain, on refait le monde...

 

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C’était un jour, Moi et mon ami étions assis au bord du marigot. Il m’a posé une question, Il m’a demandé ce que je voulais. Je lui ai dit : « Moi, j’aimerais partir en France, Pour continuer mes études et jouer au football, Travailler pour gagner de l’argent. Et pouvoir amener mon père et ma mère à la Mecque. Mais Dieu n’a pas voulu, Car j’ai perdu mon père. Je prie pour tout le monde, Dieu fasse que tous les parents voient leur fils réussir, Devant eux, Et je prie encore, Qu’il donne une longue vie à ma mère, Pour que je puisse faire quelque chose pour elle.

 

Traduit du soussou par Mohamed, Guinée Conakry

 

 

MohamedMohamed
Mohamed

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'expert de l'ONU dit que la "persécution collective" de Julian Assange doit cesser maintenant

GENÈVE (31 mai 2019) - Un expert de l'ONU qui a rendu visite à Julian Assange dans une prison de Londres craint que ses droits humains ne soient gravement violés s'il est extradé vers les Etats-Unis et a condamné les abus délibérés et concertés infligés depuis des années au co-fondateur de Wikileaks.

"Mon inquiétude la plus urgente est qu'aux Etats-Unis, M. Assange soit exposé à un risque réel de violations graves de ses droits de l'homme, y compris sa liberté d'expression, son droit à un procès équitable et l'interdiction de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants," a déclaré Nils Melzer, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture.

 

"Je suis particulièrement alarmé par l'annonce récente, par le ministère américain de la Justice, de 17 nouvelles accusations portées contre M. Assange en vertu de la loi sur l'espionnage, qui prévoient actuellement jusqu'à 175 ans de prison. Cela pourrait bien aboutir à une peine d'emprisonnement à perpétuité sans libération conditionnelle, voire même à la peine de mort, si d'autres accusations devaient être portées à l'avenir ", a déclaré Melzer, qui faisait déjà part antérieurement de ses préoccupations concernant la santé d'Assange.

 

Bien qu'Assange ne soit pas détenu à l'isolement, le Rapporteur spécial s'est dit gravement préoccupé par le fait que la fréquence et la durée limitées des visites des avocats et son manque d'accès aux dossiers et aux documents ne lui permettent pas de préparer correctement sa défense dans toutes les procédures judiciaires complexes qui s'accumulent contre lui.

 

"Depuis 2010, lorsque Wikileaks a commencé à publier des preuves de crimes de guerre et de torture commis par les forces américaines, nous avons assisté à un effort soutenu et concerté de la part de plusieurs États pour faire extrader M. Assange vers les États-Unis à des fins de poursuites, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à la criminalisation du journalisme d'investigation, en violation tant de la Constitution américaine que du droit international des droits humains ", a déclaré Melzer.

"Depuis lors, M. Assange a fait l'objet d'une campagne acharnée et sans retenue de harcèlement public, d'intimidation et de diffamation, non seulement aux États-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en Suède et, plus récemment, en Équateur. Selon l'expert, il s'agissait d'un flot sans fin de déclarations humiliantes, dégradantes et menaçantes dans la presse et sur les médias sociaux, mais aussi par de hautes personnalités politiques, voire par des magistrats judiciaires impliqués dans des procédures contre Assange.

 

"Au cours des neuf dernières années, M. Assange a été exposé à des abus persistants et de plus en plus graves, allant de la persécution judiciaire systématique et de l'emprisonnement arbitraire à l'ambassade d'Équateur, à son isolement oppressant, au harcèlement et à la surveillance à l'intérieur de l'ambassade, au ridicule, aux insultes et à l'humiliation collectifs délibérés, à l'incitation à la violence et même à l'assassinat à répétition".

 

Lors de sa visite en prison le 9 mai, Melzer était accompagné de deux experts médicaux spécialisés dans l'examen des victimes potentielles de torture et d'autres mauvais traitements.

L'équipe a pu parler à Assange en toute confiance et procéder à une évaluation médicale approfondie.

"Il était évident que la santé de M. Assange a été gravement affectée par l'environnement extrêmement hostile et arbitraire auquel il a été exposé pendant de nombreuses années ", a déclaré l'expert. "Plus important encore, en plus des affections physiques, M. Assange présentait tous les symptômes typiques d'une exposition prolongée à la torture psychologique, y compris le stress extrême, l'anxiété chronique et le traumatisme psychologique intense.

"Les preuves sont accablantes et claires ", a déclaré l'expert. "M. Assange a été délibérément exposé, pendant plusieurs années, à des formes progressivement graves de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont les effets cumulatifs ne peuvent être qualifiés que de torture psychologique.

 

"Je condamne avec la plus grande fermeté le caractère délibéré, concerté et durable des abus infligés à M. Assange et déplore vivement que tous les gouvernements concernés n'aient toujours pas pris de mesures pour protéger ses droits fondamentaux et sa dignité ", a déclaré l'expert. "En affichant une attitude de complaisance, au mieux, et de complicité, au pire, ces gouvernements ont créé un climat d'impunité qui encourage sans entrave dénigrements et abus contre M. Assange.

Dans des lettres officielles envoyées plus tôt cette semaine, M. Melzer a exhorté les quatre gouvernements concernés à s'abstenir de diffuser, d'instiguer ou de tolérer davantage de déclarations ou d'autres activités préjudiciables aux droits et à la dignité humaine d'Assange et à prendre des mesures pour lui assurer une réparation et une réadaptation appropriées pour les dommages passés. Il a en outre demandé au Gouvernement britannique de ne pas extrader Assange vers les États-Unis ni vers aucun autre État n'ayant pas fourni de garanties fiables contre son transfert ultérieur vers les États-Unis. Il a également rappelé au Royaume-Uni son obligation d'assurer à Assange un accès sans entrave aux conseils juridiques, à la documentation et à une préparation adéquate à la hauteur de la complexité de la procédure en cours.

 

"En 20 ans de travail avec les victimes de guerre, de violence et de persécution politique, je n'ai jamais vu un groupe d'États démocratiques s'unir pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu depuis si longtemps et avec si peu de respect pour la dignité humaine et l'État de droit," a déclaré Melzer. "La persécution collective de Julian Assange doit cesser ici et maintenant !"

 

Références :

Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, fait partie des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand groupe d'experts indépendants du système des droits de l'homme de l'ONU, sont le nom général des mécanismes indépendants d'établissement des faits et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations nationales spécifiques soit de questions thématiques dans toutes les parties du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisme et siègent à titre personnel.

Pour de plus amples informations et demandes des médias, veuillez contacter M. Christophe Peschoux au +41 22 917 9381/cpeschoux@ohchr.org ).

Pour les demandes de renseignements des médias concernant d'autres experts indépendants de l'ONU, veuillez contacter Jeremy Laurence, Unité Droits de l'homme - Médias de l'ONU (+41 22 917 9383 / jlaurence@ohchr.org).

Traduction Céline Wagner

Source ici

 

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