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  • Adeline SALA

Cette fête met à l’honneur un conte, une légende, celle de Jean de l’Ours. Depuis le 17 décembre 2014, les trois fêtes sont inscrites à l’Inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel en France dans le but d’être candidate à l’inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

 

Illustration d'Édouard Zier représentant Jean de l'Ours (1885)Illustration d'Édouard Zier représentant Jean de l'Ours (1885)
Illustration d'Édouard Zier représentant Jean de l'Ours (1885)

 

Jean de l’Ours est un jeune garçon élevé dans l’antre d’un ours. Sa force décuplée par son enfance auprès de l’ours devient disproportionnée à son retour dans le monde des hommes. A l’école ou, plus tard, lors de son apprentissage dans une forge, il détone, il choque. Elle lui permet de se surpasser et de franchir les obstacles mis sur son chemin. Toutefois, c’est sa différence qui rend son insertion dans le monde des hommes difficile. Il devra se servir de sa différence comme d’un atout mais elle sera aussi sa faiblesse. C’est ainsi que commence la légende de Jean de l’Ours.

 

La légende de Jean de l’Ours est écrite selon plusieurs versions. Le personnage est considéré comme un être particulier, un « monstre » à la fois homme et animal. Il connaîtra de nombreuses péripéties qu’il devra affronter et résoudre. Le personnage est sans cesse soumis à la dualité qu’il porte en lui: sa nature bestiale et sauvage et celle hérité de sa mère qui fait de lui un homme.

 

Chez nous, dans les Pyrénées-Orientales, Jean de l’Ours est un conte très connu. Il est conté aux enfants dès le plus jeunes âge. D'autant plus que cette légende a donné lieu a un véritable rendez-vous folklorique et patrimonial à l'arrivée du printemps. Il s'agit de la "Fête de l'Ours".

 

 

La Festa de l'Os

Affiche des fêtes - 2019

 

La Festa de l’Os, dans les Pyrénées-Orientales se déroule dans le territoire du Vallespir. Trois communes accueillent ces festivités chaque année, à trois dates différentes choisies à la fin de l’hiver: Arles-sur-Tech; Prats-de-Mollo et Saint-Laurent-de-Cerdans. Cette période de l’année correspond aussi avec le Carnaval. La fête est l’occasion de célébrer l’arrivée du printemps. En effet, l’ours sort de son hibernation et l’hiver prend fin. La Festa de l’Os reprend le conte de Jean de l’Ours en montrant l’opposition entre l’animalité de l’ours au début des festvités et son aspect humain qui se dévoilera à la fin de la Chasse à l’ours.

 

Lors de la fête, il y a une distinction forte entre le rôle des femmes et celui des hommes. Lors de la chasse à l’ours, certains hommes sont déguisés en ours. Ils sont vêtus de peaux de bêtes et enduit d’un mélange noirâtre représentant la peau de l’ours. Les ours pourchassent les femmes et terrifient les villageois. La journée est rythmée par la course poursuite de l’ours et les femmes et des villageois, les chasseurs, qui essaient de l’attraper. L’issue de cette course est la capture de l’ours par les chasseurs. Finalement, l’ours sera rasé ce qui le rend humain aux yeux des participants.

 

Arles-sur-Tech

 

Dans ce village, la fête commence par la préparation des chasseurs. Ils entameront leur chasse juste après ce rituel. Lorsque l’ours sera attrapé, il sera attaché. Aux chasseurs s’ajoute la foule des spectateurs qui compose le cortège. Tout au long du chemin l’ours doit franchir des obstacles. A son passage, l’ours essaie d’attraper les filles et surtout, sa bien-aimée, Roseta. La fin de la journée se caractérise par le rasage de l’ours à la hache afin qu’il recouvre l’apparence d’un homme. La foule est alors en liesse. La transformation de l’ours qui devient un homme est célébrée et acclamée.

 

Prats-de-Mollo

 

A Prats-de-Mollo, le scénario diffère. A la place d’un seul ours, on en compte trois. En effet, à cette occasion, trois jeunes hommes sont choisis dans le village pour jouer le rôle de la bête féroce. Ils sont habillés d’une peau de mouton et sont enduits d’un mélange huileux à base de suie noire. A travers, leur déambulation dans le village, ils apposent sur les visiteurs leurs marques, la « patte de l’ours ». Les chasseurs les pourchassent et les protègent à la fois en les encerclant. A la tombée du jour, les « Barbiers » se rassemblent afin de les capturer et de les raser. La finalité demeure la même: donner à l’ours une part d’humanité.

 

Saint-Laurent-de-Cerdans

 

La fête de l’ours dans ce village est le mélange du conte et de la célébration du caranaval. Ici, c’est un jeune homme qui est choisi pour jouer le rôle de l’ours. Une peau d’ours constitue son vêtement. De nombreux chasseurs l’accompagnent. Il y a aussi le personnage de La Monaca. Elle se présente sous la forme de deux corps enchevêtrés. Lors des festivités, quiconque a le malheur de l’affronter du regard sera poursuivis. Elle essaie d’atteindre les plus impétueux en faisant gesticuler ses bras ou ses jambes. L’ours finit par être attrapé par El Menaire qui le présente à la foule en marchant au travers du village. A ce moment-là, il célèbre sa victoire sur l’ours en récitant un poème catalan « La Prédica de l’Os ». L’ours lui échappe malgré tout et ne sera rattrapé que par la foule qui l’encercle. El Menaire les rejoint et s’emploie à raser l’ours. Une fois que l’ours est devenu un homme, il n’est plus une menace pour le village. Il peut choisir une jeune fille et entamer avec elle une danse rituelle.

 

Rendez-vous l'année prochaine pour vivre les fêtes de l'ours en Haut-Vallespir !

 

 

 

  • Adeline SALA

 

 

L'année passée a été très mouvementée à tous les niveaux. Mes publications se sont stoppées suite à de nombreux changements. L'un d'eux concerne ma situation professionnelle. En effet, j'ai fais le choix de quitter mon poste de médiatrice culturelle afin d'intégrer le milieu associatif de manière plus concrète.

Aujourd'hui, je travaille au sein de la Ligue de l'enseignement des Pyrénées-Orientales et, notamment, de son service culturel. Il s'agit d'une confédération d'associations oeuvrant dans de multiples domaines: la culture, le sport, les séjours éducatifs, le social,...etc. Elle milite pour l'Education Populaire.

 

Le choix de travailler pour une plus grande accessibilité de la Culture pour le Jeune Public m'a toujours porté. Je suis ravie, aujourd'hui, de pouvoir contribuer à développer la créativité des enfants du département au travers du Spectacle-Vivant. Bien entendu, je continue de défendre les richesses patrimoniales et artistiques des Pyrénées-Orientales. Cet espace me permettra, de la même manière, de pouvoir évoquer ces thématiques.

 

Les Assises de l'Education Artistique et Culturelle

 

Travailler au sein de cette structure me permet de développer mes connaissances au sujets des nombreux acteurs territoriaux favorisant l'accessibilité à l'Education Artistique et Culturelle auprès des enfants. Ainsi, ma fonction m'apporte une meilleure compréhension du fonctionnement des institutions départementales, régionales et nationales vectrices de l'ouverture à la culture et à la pratique artistique auprès du Jeune Public.

 

Le service culturel de la Ligue de l'enseignement propose une programmation Jeune Public de spectacle vivant pour les enfants scolarisés dans les écoles du département, notamment. Son lien avec l'inspection académique et les institutions départementales comme la DRAC lui permet de suivre les tendances et les trajectoires gouvernementales en matière d'Education Artistique et Culturelle. Il met en oeuvre de nombreuses actions permettant à la fois de découvrir le monde du Spectacle Vivant mais aussi d'avoir accès à la pratique artistique dans son établissement scolaire.

Aussi, le milieu associatif est riche de ses bénévoles qui oeuvrent au quotidien afin de porter un certains nombres de projets. Toutefois, cela ne suffit pas. La question des subventions est très présente dans son fonctionnement. Les projets sont portés aussi bien par l'association que par les institutions qui les subventionnent.

 

Spectacle "Quatres dones i el sol"

 

Cette fonction m'anime au quotidien du fait de la pluralité des projets qui sont développés, mais aussi par la cohésion que nous avons au sein de nos équipes de travail et par mon apprentissage qui ne cesse de se développer au contact de ces professionnels.

 

Pour finir, d'autres articles viendront et se tourneront beaucoup moins sur mon propre parcours !

 

 

 

  • Adeline SALA

Dans le cadre de mon métier, je suis amenée à évoquer régulièrement le passé historique de la ville de Collioure, mais aussi, son passé artistique. La ville est connue comme étant le "berceau du fauvisme". J'aimerais, donc, vous parler de ce courant artistique et de la venue de deux artistes dans le petit port de pêche roussillonnais.

 

"Le port de Collioure. Le cheval blanc" - André DERAIN

Henri Matisse a commencé à peindre à l'âge de 20 ans. Il est tombé malade et sa mère pour le distraire lui a offert une boîte de peinture. Il se passionne pour l'art et pour la pratique picturale. Lui, qui était clerc d'avoué, abandonne son métier afin de se former à la peinture. Il intègre, alors, l'Académie française de peinture. Il se forme au sein de plusieurs ateliers comme celui du peintre, Gustave Moreau, qui l'incite à libérer son émotion dans ses oeuvres. Lors de sa formation dans l'atelier d'Eugène Carrère, il rencontre le peintre, André Derain. Matisse possède un réseau d'amis artistes déjà bien constitué. Il connaît, par ailleurs, Paul Signac, le représentant du courant artistique du pointillisme.

 

En 1904, Paul Signac propose à Matisse de voyager dans le sud de la France afin de découvrir une ville de la Méditerranée, Saint-Tropez. Matisse, ébloui, par la lumière et la couleur qui rayonne dans la ville du littoral peint "Luxe, clame et volupté". Cette oeuvre pointilliste lui permet de prendre conscience de son besoin de modifier sa manière de peindre et d'étudier plus profondément l'utilisation des couleurs dans un tableau.

 

Luxe, calme et volupté - Henri MATISSE

En 1905, Matisse, sous les conseils de Paul Signac, décide de voyager à Collioure, petit port de pêche transfrontalier. Paul Signac connaissait déjà la ville pour y avoir séjourné quelques années auparavant. Matisse qui est âgé de 35 ans a trois enfants. Il propose à son épouse de séjourner à Perpignan chez sa belle-soeur, institutrice dans la ville. Pendant ce temps, le 16 mai 1905, Matisse, se rend à Collioure. Sur place, il va loger à l'Hôtel de la gare chez Dame Rosette. Celle-ci hésite à l'accueillir car elle se méfie des étrangers. Plus tard dans l'été, sa famille le rejoindra à Collioure.

 

Jusqu'au mois de Juillet, l'artiste écrit à ses amis artistes pour les inciter à le rejoindre. Il en rencontre quelques-uns sur place car le Roussillon regroupait déjà tout un réseau d'artistes locaux comme Etienne Terrus et Aristide Maillol. Avec Terrus, il se rendront jusqu'à Corneilla-de-Conflent rencontrer Georges-Daniel-de-Monfreid au sein de sa propriété. Cet amateur d'art, très proche de Paul Gauguin, possédait de nombreuses oeuvres de l'artiste et, notamment, une série de bois sculptés. Matisse, très impressionné par l'art de Gauguin, sera largement influencé par sa manière de peindre et son utilisation des couleurs vives.

 

A Collioure, l'art de Matisse va se tranformer. Matisse est bouleversé par les paysages de la petite ville roussillonnaise, par sa luminosité, par ses couleurs éclatantes. Il va révolutionner la peinture en se séparant presque complètement du dessin. Matisse, à l'aide grands aplats de couleurs vives, simplifie les formes.

 

La Moulade - Henri Matisse

En 1905, Collioure était très différente. La ville était un petit port de pêche et l'ensemble des villageois parlaient le catalan. A Collioure, on pêchait et on cultivait la vigne. aujourd'hui, le paysage du littoral a largement évolué puisque la venue de ces nombreux artistes ont contribué au développement du tourisme dans la ville et l'abandon progressif de la pêche. Matisse se lie d'amitié avec un viticulteur de la ville, Paul Soulier. Amateur d'art, il présente Matisse aux nobles locaux.

 

En juillet, Matisse voit l'arrivée de Derain. Ensemble, ils auront une production très intense. Un certaine forme émulation va se créer entre les deux artistes. Derain, très proche de Vlaminck, possède la même envie que Matisse de développer un travail artistique orienté vers l'utilisation des couleurs. Les deux artistes auront plusieurs ateliers dans la ville, généralement en front de mer. Ils en auront un au Faubourg, port d'Avall, dans un premier temps, puis, un autre au Boramar, port d'Amont.

 

Le phare de Collioure - André DERAIN

Derain écrit une lettre à Vlaminck le 28 juillet 1905:

"J'ai donc deux grands points, sur lequel mon voyage m'aura beaucoup servi: 1. Une nouvelle conception de la lumière qui consiste en ceci: la négation de l'ombre. Ici les lumières sont très fortes, les ombres très claires. L'ombre est tout un monde de clarté et de luminosité qui s'offre à la lumière du soleil: ce qu'on appelle des reflets. Nous avions jusqu'à présent, négligé cela tous les deux et, dans l'avenir, pour la composition, c'est un regain d'expression. 2. Savoir, dans le voisinage du travail de Matisse, extirper tout ce que la division du ton avait dans la peau. Il continue, mais moi, j'en suis complètement revenu et je ne l'emploi presque plus..."

Les deux artistes peignent durant tout l'été de nombreux lieux représentatifs de la vie à Collioure en passant par l'église Notre-Dame-des-Anges, les plages faisant office de port de pêche, les toits de la ville, les ruelles et les paysages de l'arrière pays. Les deux artistes ramènent à Paris à la fin de l'été une production très importantes. Matisse réalise, durant l'été, quarante aquarelles, une centaine de dessins et quinze toiles. Son compagnon, rapportera, trente toiles, vingt dessins et une cinquantaine de croquis. Le foisonnement créatif est bel et bien présent cet été-là. Derain est le premier à partir. Hélas, il ne reviendra plus dans le petit port de pêche catalan. Matisse, lui, y séjournera de nombreuses fois jusqu'à l'année 1914.

 

Les toits de Collioure - Henri MATISSE

Le Salon d'Automne de cette année 1905, sera l'occasion pour les deux artistes de présenter leurs œuvres colliourencs. Ils exposeront dans la salle numéro VII avec d'autres artistes comme Maurice de Vlaminck, Henri Manguin, Charles Camoin et Albert Marquet. Ces peintres utilisent tous des couleurs chatoyantes seront nommés les peintres fauves. Le terme "fauve" est employé pour la première fois par le critique d'art Louis Vauxcelles afin de qualifier une peinture animale, sauvage. Il décrit une peinture qui ne respectent en rien les règles prescrites par l'Académie française de Peinture. La manière scandalise et le nom est crée. Ce sera, donc, le Fauvisme.

 

Le Fauvisme ne dure que deux ans, de 1905 à 1907. Il constitue une révolution pictural à bien des égards et initie de nouveaux concepts picturaux.

 

 

« Je n'aurai jamais fait un travail aussi complexe et aussi différent, aussi déconcertant pour la critique. » André DERAIN