J’ai songé à creuser la terre de mes mains nues

dans le creux des racines du vieux Châtaignier,

J’ai songé à m’y faire un nid tapissé de mousse de forêt,

A me blottir bien au chaud au coeur de la Terre,

A écouter le silence et le crépitement de ma vie créatrice,

A veiller mes rêves au coin du feu,

A m’emmitoufler dans mon châle tissé d’or et de ténèbres,

A m’abreuver des mots de muses poétesses,

A nourrir mon âme de leurs pensées fertiles,

A fredonner doucement,

ce chant jaillissant des tréfonds de mon être,

pour la vieille sorcière et la jeune fée que je suis,

A recueillir les graines des apprentissages passés et futurs,

A les faire germer à fleur de peau,

A enduire mon corps de mes onguents magiques,

A sentir, sur ma peau nue, la caresse de la lueur des flammes.



J’ai mijoté cette recette au coeur de ce songe.

Dans le lait d’amande frémissant, j’ai jeté les racines parfumées recueillies au coeur de la Terre.

J’ai mijoté cette recette au coeur de l’hiver pour vous, pour nous.

Pour nous qui souhaitons retourner en nos terres intérieures, ralentir, respirer, savourer la gratitude d’être ici et maintenant.



Cette recette est une offrande.

Elle est infusée de ce que nous offre généreusement la Nature.

C’est une invitation à prendre un temps pour vous. A faire une pause. A vous laisser envelopper par la brume veloutée d’une après-midi d’hiver.

Il vous faudra gratter la terre de vos mains nues.

Il vous faudra retourner en vos racines intérieures pour extraire de la Terre-Mère ses précieuses radicelles.

Il vous faudra poser des intentions douces et chaudes pour les graines que vous souhaitez faire germer au retour de la lumière.



Cette recette mêle les parfums caramel et chocolat ponctués de notes poivrées du Genévrier, les effluves chaloupantes au clou de girofle de la Benoite et le piquant des graines de Carotte sauvage. Des saveurs chaudes, sucrées et épicées équilibrées par la fraicheur des rhizomes vert-émeraude du Polypode évoquant la réglisse.

Ce tchaï local ouvre le champ des possibles. Il résonne comme une invitation à explorer la riche palette gustative de nos plantes sauvages. Non, les épices ne viennent pas forcément de loin. Juste là, à deux pas, il y a ces arômes dépaysants qui chamboulent et émeuvent les papilles.



L’ardence du Genévrier (Juniperus communis) remettra en circulation nos énergies stagnantes et sa douceur enrobera nos coeurs.


La Benoite (Geum urbanum) nous enseignera à être présent.e et bien enraciné.e pour pouvoir extraire attentivement ses délicates radicelles.


Avec ses spores poudrés d’or, le Polypode commun (Polypodium vulgare) nous rappellera que, pas à pas, nous cheminons vers Imbolc, le retour de la lumière. Nous caresserons la mousse qui pousse à ses pieds pour lui demander de le ramasser.


Les graines de Carotte sauvage (Daucus carota), récoltées à l’Automne, nous rememoreront l’importance du temps de dormance. Ce repos hivernal des graines est essentiel pour que, plus tard, elles puissent à nouveau faire germer la vie. Elles nous demanderont de choisir les graines que nous souhaitons voir pousser au Printemps.



LA RECETTE SAUVAGE

Pour deux tasses fumantes


Ingrédients

50 cl de lait de riz

les radicelles d'une Benoite (Geum urbanum)

3 cm de rhizome de Polypode (Polypodium vulgare)

12 "baies" de Genévrier (Juniperus communis)

2 ombelles en graines de Carotte sauvage (Daucus carota)


Récoltez avec soin et respect les radicelles d’une Benoite, le rhizome de Polypode.

De retour de cueillette, commencez par laver attentivement les radicelles de la Benoite et les rhizomes du Polypode puis taillez-les.

Concassez légèrement les baies de Genévrier et les graines de Carotte sauvage dans un mortier.

Versez le lait de riz dans une casserole et ajoutez-y toutes ces épices sauvages.

Couvrez et mettez le tout à chauffer doucement puis laissez frémir 10 minutes. 

Coupez le feu et laisser infuser 15 minutes.

Filtrez et savourez.

I. La Mûre


Il faut exercer une légère pression entre les deux doigts et tirer délicatement.

Si elle ne cède pas, ne pas insister. Et surtout, attendre qu'elle soit bien mûre.

Mûre à point.


Parfois, on se précipite. On est passé cent fois devant en résistant mais, aujourd’hui, elle semble si dodue, si luisante au soleil, qu'en la sentant récalcitrante, on tire encore plus fort.


Elle abdique à contre-cœur mais, en bouche, sa mauvaise humeur se transforme vite en âpreté qui condamne avec fermeté notre avidité.



La précipitation ne fait pas partie du champs lexical de l'été.


L'été nous fredonne une langue langoureuse et chantante dont la syntaxe frivole ouvre une parenthèse d'insouciance et de tranquillité.

C'est une invitation à ralentir, à se laisser aller à la volupté du temps long qui s'étire nonchalamment dans le creux des heures chaudes.


Les fruits d'été portent en eux le secret du temps juste.

Ils résistent, non pas pour nous tenir tête, mais pour nous inviter à patienter encore un peu avant de les cueillir.

Ils se détacheront gracieusement à l'instant précis où ils auront distillé tout leur potentiel aromatique. Cet instant sublime où l'équilibre parfait entre le sucré et l'acidité est atteint.


Juste à point.


Pour savourer pleinement la quintessence de l'été, il faut donc apprendre à devenir esthète de la lenteur. Et, ne jamais se laisser emporter par l'empressement impatient qui gâcherait le fruit de ces longues heures de murissement concentrées.


Finalement, c'est une histoire de confiance paisible : dans l'indolence des heures chaudes, quand tout semble figé, pétrifié sous le soleil de plomb, il y a les fruits qui se gorgent en sucre et murissent tout doucement mais surement.


Et de là, comprendre intimement qu'au cœur même de cette oisiveté, il y a nos rêves qui murissent et prennent forme. Tranquillement mais surement.



Quand on a su attendre, quelle récompense !

La Mûre se détache amoureusement en colorant légèrement nos doigts de ses drupes confites au soleil, éclatées sous les vibrations du chant des cigales.

En bouche, c'est une caresse de caramel chaud et roussi ponctuée d'une pointe d'acidité qui fait frissonner les mandibules.

Puis vient le croquant contrastant parfaitement avec l’onctuosité.


S’ensuivent les sourires ravis, surlignés de bleu-pourpre, tous abasourdis de se délecter ainsi de ces cadeaux gratuits si généreusement offerts.


Et, dans un murmure : « Tout vient à point à qui sait attendre ».



II. La Carotte sauvage


En août, l'oliveraie prend la couleur paille des herbes desséchées au soleil. Il ne reste plus que les Carottes sauvages, majestueuses dans leurs collerettes de reines, et la forteresse de Mûres gardiennes du royaume des oliviers.


On reconnaît la Carotte sauvage grâce à la fleur pourpre qu'elle abrite en son cœur.

Un cœur couleur-de-Mûres qui porte l'annonce de l'embrasement des feuilles attisé par les premiers vents d'automne.



J'aime cuisiner inspirée. Par l'humeur que souffle la saison, par la poésie d'un lieu-dit, la palette chromatique d'un instant...

C'est de cet instant, d'un rayon de soleil ocre-orangé qui caressait le cœur incandescent des Carottes sauvages balançant devant les Mûres compotées au soleil dont cette tarte veut témoigner.


C'est de ces premières couleurs automnales entremêlées. De ces premières saveurs plus veloutées qui nous font doucement rentrer dans notre intériorité.


III. La recette sucrée-piquante-acidulée


Quand elles se replient dans leurs nids de graines, le sucré des fleurs de Carottes sauvages se teinte de notes piquantes, ce qui tombe à pic pour notre recette qui tisse :


Le sucré floral des ombelles de Carottes sauvages

L'acidulé caramélisé de la Mûre

Le piquant croquant des graines de Carottes sauvages

LA RECETTE SAUVAGE


Une pâte sablée aux graines de Carottes sauvages parfumée de quelques gouttes de l’huile essentielle distillée l'automne dernier.


Une crème pâtissière au lait végétal infusée et fleurie aux ombelles de Carottes sauvages.


Et des Mûres confites dans du miel et déglacées au vinaigre de Mûres de Linda Louis.


Le tout fleuri d’ombelles et parsemé de graines de Carottes sauvage encore vertes qui croquent sous la dent.



La pâte sablée sans gluten aux graines de Carottes sauvages


Ingrédients :

60 g de farine de riz

30 g de farine de mais

30 g de farine de sarrasin

10 g de fécule de mais

40 g de sucre

40 ml d’huile d’olive

Eau

1 oeuf bio de poule bien nourrie et élevée avec soin

5 gouttes d’huile essentielle de carotte sauvage, graines de carottes sauvages

1 poignée de graines de chanvre torréfié et pilé (optionnel)

2 belles poignées de graines mûres de Carottes sauvages


Recette :

Egrainez les nids de graines de Carottes sauvages puis mélangez tous les ingrédients pour obtenir une boule homogène.

Etalez la pate à la main et cuire à blanc pendant 20 min à 180°C.



La crème patissière au lait végètal parfumée aux fleurs de Carotte sauvages


Ingrédients :

7 ombelles de Carottes sauvages

50 cl de le lait de riz

25 g de sucre semoule

2 oeufs entiers bio très frais

40 g d’amidon de maïs


Recette :

Versez le lait et les ombelles dans une casserole et portez à frémissement à feu doux et à couvert. Coupez le feu et laissez infuser 15 min.

Quand la préparation a refroidi, rajoutez l'amidon , le sucre et les oeufs.

A feux doux, mélangez constamment jusqu'à épaississement.

En fin de cuisson, mixez et réservez au frais.



Le vinaigre de Mûres de Linda Louis (à préparer 2 semaines à l'avance)


Ingrédients :

300g de Mûres

900ml de vinaigre de cidre


Recette :

Ecrasez les mures.

Versez-les dans un bocal et recouvrez de vinaigre.

Laissez macérer 2 semaines dans un endroit chaud.

Filtrez à l'aide d'une étamine et mettre en bouteille.


Les Mûres compotées aux rayons de soleil et déglacées aux vinaigres de Mûresmures

Ingrédients :

6 belles poignées de Mûres mûres à point

1 càS bombée de miel

1 càS de vinaigre de Mûres


Recette :

Faites caraméliser les Mûres dans une poêle avec le miel.

Déglacez au vinaigre de Mûres.



Le dressage

Ingrédients :

Des ombelles de Carottes sauvages fraichement cueillies.

Des graines encore vertes de Carottes sauvages.


Recette :

Répartissez la crème pâtissière sur la pâte sablée.

Recouvrez des Mûres caramélisées.

Parsemez de graines de carottes sauvages encore vertes.

Embellissez le tout d'ombelles de Carottes sauvages.


Savourez avec une infusion de Ronces et une lumière dorée de fin de journée d’été.


L’oliveraie scintille de pâquerettes. Elles ont joyeusement tapissé les pieds de nos majestueux arbres centenaires et leurs petites fleurs nacrées reflètent avec grâce l’argenté des feuilles d’oliviers. Toutes soeurs, elles semblent rire en choeur avec le soleil.


Pour célébrer cette complicité joyeuse avec les oliviers et le soleil, je les ai mises à macérer dans l’huile des arbres aux pieds desquels elles aiment pousser. 


Comme une évidence : une huile de beauté portant la quintessence de ces synergies naturelles, confectionnée au coeur du portail de la pleine lune de Pâques. 

La pâquerette doit d’ailleurs son nom à ses fleurs qui s’épanouissent surtout à partir de Pâques. En résonance avec cette période de l’année, elles symbolisent la joie d’être en vie et le renouveau.


Les macérations solaires font partie des préparations phytothérapeutiques que je préfère confectionner. J’aime assister à cette lente alchimie entre les plantes, l’huile et le soleil.

Grace à la chaleur du soleil, l’huile capte les propriétés de la plante ainsi que l’énergie solaire. La solarisation charge l’huile de photons naturels, grains d’énergie pour nos cellules.

C’est un processus lent d’extraction des principes actifs des plantes. Un temps long qui  leur permet de se révéler en douceur et d’inscrire leurs vibrations au coeur même de l’huile. 

Dans cette vidéo, vous apprendrez à confectionner votre macération solaire de pâquerettes.

La peau est un organe vivant, lieu d’échanges entre le monde extérieur et notre corps. Elle reflète notre relation à soi et au monde, notre capacité à poser nos frontières et à affirmer notre identité.  


Les macérations solaires ont une grande affinité avec la peau, grâce à l’huile capable de pénétrer rapidement les puits lipidiques situés la base de chaque poil, au niveau desquelles l’épiderme s’amincit. Elles permettent ainsi une bonne absorption des principes actifs des plantes.

L’application de macérations solaires permet donc de nourrir notre peau à la fois des propriétés de l’huile et de celle de la plante. 


L’huile d’olive est particulièrement bénéfique pour les cellules de notre peau. Très riche en acide oléique (oméga-9), c’est une excellente source d’hydratation pour les peaux sèches et sensibles. Elle nourrit et assouplit la peau et est facilement assimilée par l'épiderme, qui s’en sert pour reconstruire son film hydrolipidique.

En plus de l’action nourrissante de l’acide oléique, elle contient en grande quantité de vitamine E, au puissant pouvoir antioxydant, capable de neutraliser les radicaux libres, responsables du vieillissement de la peau. L’huile d’olive est d’ailleurs utilisée depuis longtemps comme soin de beauté par les femmes méditerranéennes qui, comme par intuition, avaient pressenti ce pouvoir antioxydant bien avant qu’il soit mis en avant par la science.

L’huile d’olive porte aussi l’empreinte énergétique de l’olivier, arbre immortel, symbole de puissante vitalité, de régénérescence et de paix.

Elle a aussi l’avantage d’être assez stable et moins fragile que d’autres huiles végétales qui rancissent plus rapidement.

La chaleur du soleil permettra donc d’extraire les précieuses propriétés de la pâquerette. 

Riche en actifs tenseurs (tanins) la pâquerette resserre nos tissus en leur donnant tonus et solidité. Elle est particulièrement recommandée pour raffermir et tonifier la poitrine.


Abritant des composés proche de sa soeur l’arnica, son huile est également vulnéraire, utile après un coups ou sur une ecchymose et cicatrisante pour les petites blessures. 


A l’image de la douceur de ses feuilles et sa fleur, elle contient aussi des mucilages émollients qui apaisent notre peaux.


Bellis perennis ("la belle perenne") embellit le monde et le pare de magie. 

Elle embellit notre peau, nous ouvre à la magie. 

Et l’âme agit. 

SOIN RITUEL SAUVAGE 

- Avant de cueillir les fleurs, prenez un moment pour vous recueillir et poser une intention d’amour et de guérison.

- Récoltez avec gratitude les fleurs de pâquerettes dont vous avez besoin, autour de midi, par temps sec et ensoleillé. 

- Mettez-les à sécher à l’abri de la lumière dans un endroit sec pendant 7h. Cela permettra aux fleurs de perdre une partie de leur humidité qui pourrait détériorer l’huile.

- Placez les fleurs dans un bocal.

- Recouvrez d’huile d’olive extra vierge.

- Placez le bocal dans un endroit chaud, sec et bien ensoleillé et laissez macérer pendant 28 jours.

- Dynamisez votre huile chaque jour si possible avec une intention bienveillante. Par le mouvement, vous redonnez l’information de votre intention à votre préparation. 

- Filtrez dans un tulle et pressez fortement pour bien extraire les principes actifs.

- Ajoutez 5% d’huile essentielle de lavandin, qui permettra de prévenir le rancissement de l’huile.

- Versez dans un flacon en verre fumé.

- Conservez à l’abri de la lumière.

- Massez votre poitrine avec une pensée d’amour pour la femme sauvage qui est en vous !