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CIRQ'ONFLEX, LE CIRQUE CONTEMPORAIN OU L'ART DE LA REPRESENTATION

Updated: sept 11

 

En Bourgogne Franche-Comté, tout reste à faire en ce qui concerne la valorisation et la diffusion des arts du cirque. La région est d'ailleurs la seule en France à ne pas bénéficier du label « Pôle national des arts du cirque ». L’association dijonnaise CirQ’ônflex fait, quant à elle, office de ressources régionales puisqu’elle est entièrement dédiée au développement, à la structuration et à la promotion du cirque contemporain. Mais La structure est plus connue du public pour l'événement qu'elle organise chaque année au mois d'avril depuis maintenant dix ans : Prise de CirQ' !

Rencontre avec les créateurs de CirQ'ônflex, Anne-Laure Léonard et Natan Jannaud.

 

 

Quel genre de cirque CirQ’ônflex pratique-t-il et véhicule-t-il ?

 

Certaines disciplines artistiques doivent lutter contre des a priori et une certaine peur, la danse contemporaine ou l’art contemporain, par exemple. Dans le milieu du cirque c’est un peu l’inverse. Nous venons dire au public que le cirque ne représente pas seulement un chapiteau, des lions et des paillettes. Cette vision-là répond à une image ancienne. Le cirque actuel créé des spectacles qui mêlent théâtre, danse, pratiques aériennes et beaucoup d’autres disciplines… Nous pratiquons un cirque contemporain que l’on appelle aussi « cirque de création » ou plus simplement « cirque actuel ». Chacun y va de son appellation.

 

Quelle est la différence entre le cirque contemporain et traditionnel ?

 

C’est surtout une question de narration et de propos. Le cirque traditionnel est un art de la prouesse et de la démonstration tandis que le cirque contemporain est plutôt un art de la représentation. Il passe un message, il raconte quelque chose, une histoire, un univers. La démarche de fond est plus artistique que démonstrative. Cependant, le cirque est une discipline artistique tellement vaste que l’on peut aussi bien être sur des propositions ultracontemporaines et conceptuelles que sur des propositions plus familiales, populaires et humoristiques. Il y a un panel très large et les artistes eux-mêmes nous le prouvent. Cela nous permet aussi de toucher différents types de publics. Nous réalisons environ 45 représentations par an, dont 22 pendant le festival Prise de CirQ’ et 11 pendant le temps fort, Attractions, qui a lieu dans le quartier de la Fontaine d’Ouche à Dijon. En 2017, nous avons accueilli 26 compagnies… On ne s’ennuie jamais !

 

Quelle place occupez-vous au niveau régional dans le monde du cirque ?

 

Dans la région, il y a des compagnies. Quasiment toutes les structures culturelles programment un ou deux spectacles de cirque par an. Mais, nous sommes les seuls à être réellement spécialisés dans le cirque en tant qu’opérateur. Nous jouons le rôle de pôle ressource en matière d’art du cirque. Les institutions, les associations, les structures culturelles en général font appel à nous pour avoir des contacts d’artistes ou une idée de spectacle. Nous ne sommes pas encore reconnus institutionnellement puisque nous n’avons pas les moyens nécessaires mais, dans les faits, nous sommes un repère. Les chargés de missions de différentes collectivités font appel à nous de temps en temps pour avoir un regard sur un dossier ou pour une demande car ils n’ont jamais entendu parler d’un artiste ou d’une compagnie, par exemple. Pour la danse, la musique ou le théâtre, il y a des structures identifiées qui jouent leur rôle de ressources mais, pour le cirque, il n’y a rien régionalement… à part nous. Pourtant, nous avons des compagnies historiques et pas des moindres, notamment le Cirque Plume mais il n’y a pas eu d’autre initiative. La Bourgogne est la seule région en France qui n’a ni pôle cirque, qui est un label national, ni lieu de fabrique de cirque, ni scène conventionnée pour le cirque. Nous œuvrons activement depuis presque dix ans et nous constatons qu’il est difficile de faire les choses tout seuls.

 

Pourquoi, selon vous, la Bourgogne Franche-Comté n’a pas de pôle cirque ? Qu’est-ce qui fait la différence entre cette région et les autres ?

 

Nous sommes justement en train de réaliser un état des lieux du cirque dans la région et c’est une des grandes questions à laquelle nous réfléchissons. Dijon, et même d’autres villes dans le coin, ne manquent pas d’initiatives. Il y a des petits festivals de cirque, des compagnies mais nous avons l’impression qu’il a manqué et qu’il manque encore une volonté politique pour parier sur le cirque comme certains ont parié sur les arts de la rue, notamment à Chalon-sur-Saône, il y a 30 ans. Il y a beaucoup de choses à faire en tenant compte que la magnifique vitrine qu’est le Cirque Plume n’existera plus d’ici deux ans puisqu’il prendra sa retraite.

 

Comment imaginez-vous le développement du cirque dans la région ?

 

Nous ne voyons pas le cirque nécessairement comme un monopole avec un seul pôle cirque dans un seul endroit de la région qui centralise tout, comme on a pu le voir avec les Centres nationaux des arts de la rue. En revanche, le fait d’être sur un réseau qui fait fonctionner plusieurs structures dans plusieurs lieux serait plutôt notre vision. Encore faut-il le mettre en application.

 

En dix ans, quelle est la plus belle réalisation de CirQ’ônflex, l’événement le plus marquant ?

 

Nous n’avons pas de réalisation phare, mais plutôt beaucoup de micro-réussites et de satisfactions. Lorsque nous rentrons chez nous, nous disons « mission accomplie » parce que nous avons travaillé dans un quartier où nous n’avons pas l’habitude de faire des spectacles, parce que nous avons créé un événement festif, convivial et artistique qu’il n’y avait pas avant ou encore parce que nous avons réuni des personnes qui avaient l’air d’être heureuses.

 

Quel est le prochain événement organisé par CirQ’ônflex à ne pas manquer?

 

Prise de CirQ’, évidemment, qui a lieu au mois d’avril ! Nous sommes en pleine période de préparation et nous pouvons déjà vous dire que le l’événement phare aura lieu sous un chapiteau au Jardin de l’Arquebuse. La jeune compagnie Quotidienne fera un duo de sangles aériennes et de vélo acrobatique. C’est un beau spectacle contemporain qui est accessible à tous les publics, où il y a une belle énergie. C’est vraiment le cœur du festival puisque la compagnie Quotidienne s’inscrit comme un pont entre les différents types de pratiques du cirque que nous pourrons voir tout au long du festival, à mi-chemin entre les représentations contemporaines assez pointues et les spectacles plus populaires.

 

Propos recueillis par Cynthia Benziane et Jérôme Gaillard

 

Rendez-vous à Dijon et en agglomération du 11 au 24 avril pour le festival Prise de CirQ’.

Pour en savoir plus : www.cirqonflex.fr

 

 

 

 

 

 

 

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