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Anthropo(s)cene: Impressions

Mis à jour : mars 7

Four members of HAL share their impressions of what they saw at the Anthropocene exhibit, which ran from September 28th 2018 to February 24th 2019 at the National Gallery of Canada, in Ottawa.

Déambulant dans les couloirs de la galerie sur l’anthropocène, s’attardant à une photographie l’une après l’autre, il m’était possible de porter attention à l’envoûtement qui se produisit presque automatiquement lors d’une exploration du sujet de l’anthropos. Il serait faux de croire que l’intérêt pour l’anthropocène s’immobilise dans les domaines privés d’une élite académique. Les regards avides, les questions en série et l’agglomération du groupe sous la forme d’une demi-lune me paraissaient à la fois évidente et surprenante tandis qu’une étincelle curieuse circulait parmi eux. Peut-être que la question de l’anthropocène, articulé à la fois librement et minutieusement par un orateur habile, répond à une certaine envie de s’exposer à ce qui nous semble familier, mais aussi tout à fait obscure et nébuleux. Les photographies imposantes autour desquelles nous nous sommes rassemblé se proposaient comme attraction dirigée et l’orateur comme son complémentaire par les mots et le son. La proximité avec un sujet qui est souvent abordé à distance se trouva soudainement envahissante et beaucoup plus intime. Il était possible de pouvoir ressentir le resserrement du groupe autour d’une curiosité qui leur était commune afin de pouvoir nouvellement faire sens d’une écologie, quoique potentiellement accablante, qui nous est bien particulière. L’attention et l’envoûtement se côtoyait dans ce moment qui pourrait nous paraître banale, au sein des galeries d’un musée des beaux-arts. L’énergie qui y circulait ne pourrait toutefois pas être qualifié de banale. Au contraire, elle témoignait d’un rassemblement d’avidités singulières qui se sont rapidement transformé en un médium permettant l’entrée d’une nouvelle compréhension étrange.

- Chloé Desjardins

When I first walked into the exhibit on the opening night I thought to myself “Gee, I guess this thing has gone mainstream” as if that were a bad thing. The front entrance of the gallery was being redone, and wood panels led me to the gathering. The speeches led me to my friends and then they led me to the exhibit itself. I tried my best to follow along for the rest of the night. Maybe the fact that I am desensitized to this kind of stimulus is evidence that our condition is profoundly perilous. I was dazzled, sure, by the colourful oil spills, the beautiful devastation and the implications of a flaming pile of tusks, but, still, I thought to myself “so what?” Reflecting on it now, I wonder if art in the Anthropocene (a word my processor doesn’t recognize) is either a hopeless and honest beauty, or a subtle, possibly impotent, call to action. It wasn’t all lost on me, don’t worry. The exhibit inspired moments where my friends and I could watch a seemingly inevitable death together and speak casually about some BIG QUESTIONS. Fortunately, I am sensitive to that.

- Matt Zucca

Edward Burtynsky, Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier ont présenté au Musée des beaux-arts du Canada des images saisissantes de paysages anthropocèniques. Cette exposition multimédia était largement composée de photographies fixes, mais aussi d’images en mouvement, notamment via une application mobile qui projetait de nouvelles œuvres digitales et révélait des vidéos additionnels. The photos were beautiful and rendered a textured experience of the expanding scales at which human activity unfolds. At first glance, I even believed some of them were paintings. La prise de vue éloignée permit de rendre compte de grandes étendues d’espaces, actualisant un changement d’échelle chez l’observateur. Les routes humaines devenaient des serpentins tandis que les mines de lithium à la géométrie colorée n’étaient pas sans pointer vers une œuvre abstraite. En décalant le point de vue sur une variété d’espace, les artistes ont mis en scène une Anthropo(s)cène qui transforme radicalement la surface de notre planète. Une rencontre avec David Jaclin et les autres membres du HAL ainsi que des membres du public a souligné les tensions temporelles, le paradoxe de la destruction et de la création, la médiation technologique et les tractions organiques qui sont actualisées dans ses scènes. Une œuvre d’art peut influencer les regards portés sur elle. La notion d’anthropocène se doit d’être critiquée et nuancée, notamment pour son anthropocentrisme caractéristique des dommages mêmes que nous faisons subir à notre environnement. Il reste toutefois que sa mobilisation dans le cadre de cette exposition permet non seulement de diffuser le débat autour de cette notion à un public élargi, mais aussi d’approfondir nos réflexions en sciences sociales sur les manifestations immédiates et latentes des actions humaines sur la planète. Un de nos grands défis reste de poser les bonnes questions. Je crois que les artistes en ont posé certaines, reste à voir par quelles relations cette notion d’anthropocène se manifestera dans le futur.

- Christine Beaudoin

As I look at the images on display (canvas photo prints, film clips on repeat and a couple augmented reality installations), each depicting some kind of anthropogenic bootprint, I am moved by the terrible beauty they contain. I can't help but think that treeless countrysides, poisoned lakes and gigantic holes in the earth are colourful and pleasant to look at, when properly framed. I look more closely and don’t notice any wildlife either, at least of the non-human variety. The scenes here are mostly empty, except for the “augmented reality” animals I can make appear when I point my smart phone. Ironically, the components in my phone that allow me to do this have surely been extracted from similarly barren places. It can be easy to forget that spaces like these have only recently been remade in order to become exploitable, or that pollution is remaking them because they're supposedly expendable.

- Nico Rutherford