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  • Cyril Léger

Devenir le Maître de soi

 

Observez-vous comment nous essayons toujours de contrôler notre existence ?

 

Cependant, il serait préférable de parler de tentatives de contrôle. Nous cherchons perpétuellement à contrôler tout ce qui ne ne nous appartient pas, c’est-à-dire “tout” ce qui ne dépend pas de nous directement mais de l’environnement. On ne peut pas contrôler ce que les autres pensent, ce qu’ils décident de faire, ce qu’ils comprennent. La façon dont on s’acharne à vouloir une chose telle que nous l’avons projeté dans notre mental est une façon malsaine d’entretenir ses relations. Cette attitude profondément humaine est pourtant contre productif et empêche une véritable coopération avec les événements.

 

L’environnement n’étant pas séparé de soi, il réagit à notre volonté de contrôle et plus nous souhaitons contrôler une chose et plus elle résiste et nous échappe et quand bien même nous y arrivons, ce n’est que pour un court instant seulement.

 

Cela revient à vivre en résistance, comme essayer de résister au courant perpétuel d’un fleuve qui cherche pourtant à nous emmener là où nous pouvons nager dans le grand bassin d’argent de la sérénité.

 

De plus, les effets secondaires qui ressortent de cette volonté à vouloir tout contrôler sont très négatifs pour le corps, ils engendrent de nombreux maux physiques mais aussi des troubles psychologiques comme un manque de pensées claires, d’une vision lucide et une perte manifeste de confiance en soi.

Il sera aisé pour ceux qui observent avec attention l’interpénétration des mouvements de la vie, qu’elle s’incarne dans de nombreuses formes différentes afin que chacune d’elles construise une expérience singulière. Cependant, toutes sont mues par une conscience unique.

 

C’est la peur qui est à l’origine de cette volonté de contrôle. La peur de perdre pied, de ne pas maîtriser, de ne pas être suffisamment à la hauteur pour être apprécié et aimé et même la peur d’avoir peur nous convie à cette tendance irrationnelle.

 

Le problème vient du fait que nous essayons de contrôler ce qui ne peut l’être car nous n’arrivons pas à nous contrôler nous-même. Le paradoxe est tel que nous essayons de contrôler ce qui est tangible alors que cela nous échappe complètement au lieu de contrôler ce qui est invisible et qui pourtant nous concerne.

 

Ce comportement irrationnel est semblable à celui qui tenterait de contrôler les déplacements de chaque véhicule à l’heure de pointe afin de pouvoir s’assurer une circulation fluide, juste pour soi. Cette irrationalité vient du fait que, contrôler ce qui est à notre porté, demande un effort considérable, tout au moins au début.

 

C’est par un apprentissage constant à contrôler ses pensées, ses désirs (lorsqu’ils nous entraînent sur un schéma de répétition) et ses habitudes comportementales nocives que l’on accède un jour à la maîtrise.

 

Nous cherchons à contrôler aujourd’hui ce qui un jour sera maîtrisé.

 

Dans la maîtrise, il n’y a plus d’effort car l’énergie engagée permet de rester en mouvement vers la qualité et non plus vers le défaut qui s’exerce dans le contrôle.

 

Lorsque nous sommes en conflit avec une personne, c’est souvent parce que nous essayons de contrôler et projeter le résultat dans une forme qui n’est pas celle qui est en cours d’accomplissement. Cela revient à essayer de faire entrer un cube dans un cercle, c’est impossible cependant, nous forçons le passage encore et encore. Il est alors nécessaire de lâcher cette volonté de contrôler pour aller se placer en un point de coopération avec la réalité de l’autre et produire une énergie de facilitation plutôt que de conflit. Voici une clé essentielle de la coopération active ; faciliter plutôt qu’objecter, fluidifier plutôt que gêner.

 

La méditation aide à pouvoir se rendre à ce point où tout converge en une unité où l’énergie devient disponible. Ne cherchez pas à contrôler ce qui ne peut l’être, concentrez votre énergie là où vos forces sont disponibles et laissez le processus de la vie fléchir dans le sens qui lui est propre car là où le flux de la vie se rend est votre demeure. C’est précisément là où tout est unifié, là où tout est harmonie, là où tout est serein que votre essentialité rayonne car elle inclut celui qui semble vous faire défaut. De toute votre lumière, vous éclairez sa lanterne car souvenez-vous toujours que dans sa lumière, réside aussi la votre.

 

Texte | Cyril Léger

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