LE CINÉ DE MANU : 10 WESTERNS INDISPENSABLES

Dans le désordre, sans tambour ni trompette, une petite liste de mes plaisirs de Westerns.

Vus, revus, et toujours dans ma mémoire. Contestables, mais personnels.

Un exercice pas facile mais spontané... Ce sont les dix titres qui me sont venus à l’esprit en premier.

LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT

John Ford (1956)

Si (Edward) Hopper avait dû faire un film, il aurait probablement ressemblé à ça.

All-time top 10 bien sûr. Toute la mythologie du western résumée en un film. Wayne n’a jamais été aussi bon (sauf dans la Rivière rouge). Ford atteint avec ce film le sommet de son art. La séquence d’ouverture, le plan de fin. Le genre de film qui, quel que soit le plan par lequel vous y entrez, vous entraîne avec lui jusqu’au bout.

FUREUR APACHE

Robert Aldrich (1972)

Lorsque le "sauvage" le devient vraiment…

Le western entre dans ses années violentes. Et avec Peckinpah, Aldrich est probablement le plus sauvage d’entre-tous. Un film brutal où peu est épargné au spectateur. Un film où l’indien rend tous les mauvais traitements qu’il a subis. Et Burt Lancaster vieillissant est étourdissant.

L'HOMME SAUVAGE

Robert Mulligan (1968)

Péril en la demeure.

Mulligan, un des grands oubliés des histoires du cinéma. Et c’est bien dommage. Un réalisateur à reconsidérer d’urgence. Un nouvel affrontement indien vs « homme blanc » dans lequel on ne découvre quasiment jamais le « sauvage » mais dont la présence hante et terrifie les protagonistes tout le long du film. Et le cinéma, c’est aussi « l’art de l’invisible ».

LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS

Howard Hawks (1952)

De ciel et de fourrure…

Hawks et cet espace immense qui absorbe ses personnages, ce pays tout neuf et ce ciel immense qui s’offre à nos pionniers emmenés par un Kirk Douglas d’une incroyable vitalité. Une ode à la nature et à l’amitié qui ne prendra jamais une ride. « Oh whisky laisse moi tranquille » (en VF) scène absolument inoubliable, et tant d’autres.

LA RIVIÈRE ROUGE

Howard Hawks (1948)

Même si en noir et blanc, ça ne se voit pas…

Hawks encore. Un fils qui va s’affranchir de son père adoptif, dans un Ouest sauvage où tout est encore à construire. Un Wayne immense, dans un de ses meilleurs rôles, qui préfigure le « quintessential » Uncle Ethan de La Prisonnière du Désert. Un Wayne capable de passer de la bienveillance à la terreur. Un grand acteur dirigé par un grand metteur en scène, ça donne ça !

RIO BRAVO

Howard Hawks (1959)

Enlève-moi ces bas…

Hawks toujours. Pour les trognes incroyables de Dean Martin et Walter Brennan plus que pour Wayne. D’ailleurs Hawks s’intéresse surtout, dans ce film, à ces « brisés » de la vie. Sur fond de Deguello, ils traînent leurs carcasses sous l’œil bienveillant de John Wayne. La rédemption n’est pas loin et les losers d’un jour ne seront pas ceux de demain. Et le duo Martin/Nelson, c’est toujours très grand !

LA VALLÉE DE LA PEUR

Raoul Walsh (1947)

Black is beautiful…

Il fallait un Walsh. Il fallait un Mitchum. Il fallait de la vengeance. Un des rares westerns à être aussi un film noir, avec un Big Bob totalement magnétique. Une véritable curiosité et un film hybride. A découvrir absolument.

IMPITOYABLE

Clint Eastwood (1992)

Make my day...

Il ne pouvait y avoir de liste western sans Clint. Parce que Clint quoi. Pour moi il n’a jamais été aussi bon que dans ce film. Le poids des ans et d’un lourd passé sont inscrits sur son visage, et dans cette immense carcasse qui semble si lourde à porter. Et la présence toute symbolique de Richard Harris et de Gene Hackman font de ce film le crépuscule du Western.

Indispensable.

LE JUGEMENT DES FLÈCHES

Samuel Fuller (1957)

Arrêtez de courir pieds-nus !

Souvenir d’enfance à nouveau.

Le principe du jugement des flèches ? Vous avez tous les indiens derrière vous. Ils sont pieds-nus. Vous aussi. L’un d’eux lance une flèche. Vous courez pour l'atteindre. Ils vous laissent prendre un peu d'avance, en mode fair-play, et si vous dépassez la flèche avant qu'ils vous rattrapent, et bien vous avez la vie sauve. Mais ils courent vite, et vous n’avez pas de chaussons… Un des très grands westerns anti-racistes.

IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST

Sergio Leone (1968)

Arrête de mâcher ce putain d’harmonica !

T’as bien vu mes yeux, dit ? T’es sûr ? Parce qu’ils occupent tout le format du cinémascope. Quoi, tu trouves l’Ouest cruel ? Et bien tu n’as encore rien vu… Le monde moderne s’immisce dans l’Ouest, comme le style de Leone dynamite les codes du western dit classique et, emporté par la partition de Morricone, Sergio crée le style Leone. Et un des plus grands films de tous les temps.